LITIGES COMMERCIAUX

Expertise en écritures et administrateur provisoire obtenus en référé dans un conflit d'actionnaires

5 août 2021 EXPERTISE ET ADMINISTRATEUR NOMMÉS

T. com. Paris, Président (référé), 5 août 2021, N° RG 2021035987

Nos clients, deux associés d'une SARL, ont découvert qu'un acte de cession de parts sociales et un procès-verbal d'assemblée générale datés du 1er novembre 2020 avaient été déposés au registre du commerce, prétendant qu'ils avaient cédé la totalité de leurs parts à un tiers pour un euro et que ce dernier avait été nommé gérant. Nos clients contestaient formellement avoir signé ces documents et affirmaient que leurs signatures avaient été imitées. L'un des demandeurs, ancien gérant et associé à 50 %, a déposé plainte pour usage de faux en écriture, nommément à l'encontre du bénéficiaire de la cession qui se trouvait être son neveu.

Maître Jeremy Maruani
Maître Jeremy Maruani Avocat au Barreau de Paris

Situation initiale

Associés dépossédés par faux en écriture

Après intervention

Expert + administrateur provisoire désignés

Les faits de l'espèce

Nos clients, deux associés d'une SARL, ont découvert qu'un acte de cession de parts sociales et un procès-verbal d'assemblée générale datés du 1er novembre 2020 avaient été déposés au registre du commerce, prétendant qu'ils avaient cédé la totalité de leurs parts à un tiers pour un euro et que ce dernier avait été nommé gérant. Nos clients contestaient formellement avoir signé ces documents et affirmaient que leurs signatures avaient été imitées. L'un des demandeurs, ancien gérant et associé à 50 %, a déposé plainte pour usage de faux en écriture, nommément à l'encontre du bénéficiaire de la cession qui se trouvait être son neveu.

La saisine du juge des référés

Nos clients ont obtenu une autorisation d'assigner en référé d'heure à heure le 22 juillet 2021. L'assignation a été signifiée le 23 juillet 2021 pour l'audience du 29 juillet 2021. Étaient demandées : une expertise en écritures pour vérifier l'authenticité des signatures, la suspension des effets de la cession et de l'assemblée générale litigieuses, la désignation d'un administrateur provisoire avec les pouvoirs les plus étendus, et la condamnation du défendeur à 2 500 € chacun au titre de l'article 700 du CPC.

Les arguments développés par JEM-AVOCAT

Le cabinet a produit les documents officiels comportant les signatures authentiques de nos clients, permettant une comparaison visuelle avec les signatures apposées sur les actes litigieux. Les plaintes pénales pour faux en écriture ont été versées aux débats. L'urgence de la situation a été démontrée par le risque de dissipation des actifs de la société par le gérant contesté. L'absence totale du défendeur et de la société, bien que valablement touchés par l'assignation, a été relevée. Le cabinet a invoqué les articles 145, 872 et 873 du CPC pour fonder respectivement la mesure d'expertise et la désignation d'un administrateur provisoire.

La solution retenue par la juridiction

Le président du tribunal a retenu que les griefs étaient suffisamment caractérisés pour justifier une mesure d'instruction et a relevé que les signatures apposées sur les actes litigieux apparaissaient, avec l'évidence requise en référé, tout à fait différentes des signatures figurant sur les documents officiels. Un expert en écritures a été désigné avec mission de vérifier l'authenticité des signatures. Un administrateur provisoire a été nommé pour une durée de six mois avec les pouvoirs les plus étendus de gérant, au motif de l'urgence commandant des mesures conservatoires immédiates pour préserver l'intégrité de l'entreprise. Le défendeur a été condamné à payer 1 300 € à chacun des demandeurs au titre de l'article 700 du CPC.

Les implications pratiques

Cette décision illustre l'efficacité du référé d'heure à heure en matière de conflit d'actionnaires impliquant des faux en écriture. La combinaison expertise judiciaire et administrateur provisoire permet de sécuriser simultanément la preuve et la gestion de l'entreprise. Le dépôt de plaintes pénales parallèles renforce la crédibilité des allégations devant le juge commercial. La comparaison visuelle des signatures, même en référé, peut suffire à caractériser l'urgence et le trouble manifestement illicite. Ce que l'appel peut changer : le défendeur pourrait contester l'urgence ou la nécessité de l'administrateur provisoire, mais la gravité des faits allégués et son absence à l'audience affaiblissent considérablement cette stratégie.

Chronologie de l'affaire

1er novembre 2020

Date des actes de cession et du PV d'assemblée contestés

22 juillet 2021

Autorisation d'assigner en référé d'heure à heure

23 juillet 2021

Signification de l'assignation

29 juillet 2021

Audience de référé devant le président du tribunal

5 août 2021

Ordonnance désignant expert et administrateur provisoire

Questions fréquentes sur cette décision

J'ai découvert que mes parts avaient été cédées sans moi : que faire en urgence ?

Le référé d'heure à heure permet d'agir en quelques jours. Nos clients, deux associés d'une SARL, ont découvert qu'un acte de cession et un procès-verbal d'assemblée déposés au registre du commerce les dépossédaient de la totalité de leurs parts pour un euro, au profit d'un tiers nommé gérant. Autorisés à assigner le 22 juillet 2021, ils ont obtenu une ordonnance le 5 août.

Mon associé a signé à ma place : comment le prouver ?

En faisant désigner un expert en écritures. Le cabinet a produit les documents officiels portant les signatures authentiques de nos clients, permettant une comparaison avec celles des actes contestés. Le président du tribunal a relevé que les signatures litigieuses apparaissaient, avec l'évidence requise en référé, tout à fait différentes, et a ordonné une expertise avec mission d'en vérifier l'authenticité.

Faut-il porter plainte au pénal en même temps ?

Les deux voies se renforcent. L'un de nos clients, ancien gérant et associé à 50 %, avait déposé plainte pour usage de faux en écriture contre le bénéficiaire de la prétendue cession. Ces plaintes ont été versées aux débats devant le juge commercial et ont renforcé la crédibilité des allégations, sans que la décision civile ait eu à attendre l'issue de la procédure pénale.

Qu'est-ce qu'un administrateur provisoire et à quoi sert-il ?

C'est un tiers désigné par le juge pour gérer la société à la place du dirigeant contesté. Ici, il a été nommé pour six mois avec les pouvoirs les plus étendus de gérant, au motif que l'urgence commandait des mesures conservatoires immédiates pour préserver l'intégrité de l'entreprise, alors qu'un risque de dissipation des actifs était invoqué.

Combien de temps faut-il pour obtenir ces mesures ?

Deux semaines dans cette affaire. L'autorisation d'assigner d'heure à heure a été délivrée le 22 juillet 2021, l'assignation signifiée le 23 juillet pour une audience fixée au 29 juillet, et l'ordonnance rendue le 5 août 2021. Cette rapidité tient à la procédure d'heure à heure, réservée aux situations où attendre ferait courir un risque.

Et si l'adversaire ne se présente pas à l'audience ?

La procédure se poursuit dès lors qu'il a été régulièrement assigné. Ici, ni le défendeur ni la société n'ont comparu, bien que valablement touchés par l'assignation, et cette absence a été relevée par le juge. Le défendeur a été condamné à payer 1 300 euros à chacun des demandeurs au titre de l'article 700 du code de procédure civile.

Sur quels textes repose ce type de demande ?

Le cabinet s'est fondé sur les articles 145, 872 et 873 du code de procédure civile : le premier pour obtenir la mesure d'instruction, les seconds pour la désignation d'un administrateur provisoire en référé. Cette combinaison permet de sécuriser en même temps la preuve des faux allégués et la gestion quotidienne de l'entreprise.

Points clés à retenir

  • Expertise en écritures ordonnée pour vérifier l'authenticité des signatures contestées
  • Administrateur provisoire désigné avec les pouvoirs les plus étendus pour 6 mois
  • Référé d'heure à heure obtenu en 7 jours entre l'autorisation et l'audience
  • Défendeur condamné aux dépens et à 1 300 € d'article 700 par demandeur

Résultat obtenu

Expertise ordonnée et administrateur provisoire désigné

EXPERTISE ET ADMINISTRATEUR NOMMÉS

Référence :

T. com. Paris, Président (référé), 5 août 2021, N° RG 2021035987

Expertise ordonnée et administrateur provisoire désigné

Avertissement : Cet article a une vocation d'information générale et ne saurait constituer un avis juridique personnalisé. Chaque situation étant unique, nous vous invitons à consulter un avocat pour obtenir des conseils adaptés à votre cas particulier.

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