LITIGES COMMERCIAUX

Condamnation provisionnelle au paiement de 9 factures d'assistance technique avec résistance abusive

29 avril 2025 5 min de lecture 97 572 € DE FACTURES RECOUVRÉS

TAE Paris, 29 avr. 2025, n° RG 2025006066

Par ordonnance du 29 avril 2025, le juge des référés du Tribunal de commerce de Paris a condamné la société au paiement de 97 572 euros au titre de 9 factures impayées d'assistance technique, majorés de trois fois le taux d'intérêt légal, outre 20 960 euros au titre du préavis non exécuté et 3 000 euros pour résistance abusive. JEM-AVOCAT représentait notre client, prestataire d'assistance technique lié à la société par un contrat depuis juillet 2022.

Maître Jeremy Maruani
Maître Jeremy Maruani Avocat au Barreau de Paris

Factures impayées

97 572 €

Total obtenu

123 892 €

Les faits de l'espèce

Notre client est liée à la société par un contrat signé le 12 juillet 2022, aux termes duquel notre client fournit des prestations d'assistance technique. Les parties ont par la suite signé un dernier avenant au 1er octobre 2024.

9 factures d'avril à décembre 2024 sont demeurées impayées pour un montant total de 97 572 euros. Depuis septembre 2023, des courriels échangés entre les parties faisaient état de diverses promesses de règlement de la part de la société, sans qu'aucun paiement n'intervienne.

Une mise en demeure du 9 janvier 2025 est restée vaine et non contestée.

La saisine du juge des référés

Par assignation du 21 février 2025, signifiée à personne habilitée, notre client a saisi le juge des référés du Tribunal de commerce de Paris sur le fondement de l'article 873 alinéa 2 du code de procédure civile.

Notre client demandait la condamnation de la société au paiement de 97 572 euros au titre des factures impayées avec intérêts à trois fois le taux légal, 20 960 euros au titre du préavis non exécuté, 360 euros d'indemnité forfaitaire de recouvrement (40 euros par facture), 3 000 euros pour résistance abusive et 4 500 euros au titre de l'article 700 du CPC.

À l'audience du 25 mars 2025, la société a sollicité un renvoi. À l'audience du 29 avril 2025, la société n'était pas représentée et n'avait transmis aucune argumentation.

Les arguments développés par JEM-AVOCAT

JEM-AVOCAT a démontré le caractère non sérieusement contestable de l'obligation.

Sur l'engagement contractuel : JEM-AVOCAT a produit le contrat du 12 juillet 2022 et le dernier avenant au 1er octobre 2024.

Sur l'exécution des prestations : JEM-AVOCAT a justifié de l'exécution par les factures d'avril à décembre 2024 et les comptes rendus d'activité correspondants.

Sur les promesses non tenues : JEM-AVOCAT a versé aux débats les courriels échangés depuis septembre 2023, démontrant les multiples promesses de règlement restées sans suite.

Sur la résistance abusive : JEM-AVOCAT a fait valoir que la société avait privé notre client de trésorerie pendant de nombreux mois, l'obligeant à de multiples actions en recouvrement sans aucune justification.

Sur le préavis : JEM-AVOCAT a sollicité le paiement du préavis non exécuté du fait des manquements de la société.

La solution retenue par la juridiction

Par ordonnance contradictoire du 29 avril 2025, le juge des référés a fait droit à l'intégralité des demandes.

Le juge a relevé que lors de la première audience, un renvoi avait été accordé pour permettre à la société de préparer sa défense, mais que celle-ci n'était pas représentée à la seconde audience et n'avait fait parvenir aucune argumentation.

Provision principale : 97 572 euros avec intérêts au taux de trois fois le taux d'intérêt légal à compter du 9 janvier 2025 (date de la mise en demeure).

Préavis non exécuté : 20 960 euros à titre provisionnel.

Indemnité forfaitaire : 360 euros (articles L.441-10 et D.441-5 du code de commerce).

Résistance abusive : 3 000 euros, le juge ayant retenu que la société avait manifestement privé notre client de trésorerie pendant de nombreux mois sans aucune justification, créant un préjudice distinct des intérêts de retard.

Article 700 : 2 500 euros (débouté du surplus).

La société a été condamnée aux dépens (39,92 euros TTC dont 6,44 euros de TVA).

Les implications pratiques

La résistance abusive en référé : le juge a retenu la résistance abusive en relevant que la société défenderesse avait privé le créancier de trésorerie pendant de nombreux mois, l'obligeant à de multiples actions en recouvrement, sans fournir aucune justification ni comparaître à l'audience. Ce préjudice est distinct des intérêts de retard.

L'effet du renvoi non exploité : le fait que la société ait sollicité un renvoi pour préparer sa défense puis ne se soit pas présentée à l'audience de renvoi a renforcé la caractérisation de la résistance abusive.

L'intérêt contractuel majoré : les intérêts au taux de trois fois le taux légal, prévus au contrat, ont été appliqués conformément aux stipulations contractuelles.

Ce que l'appel peut changer : cette ordonnance est exécutoire de droit à titre provisoire. Un appel pourrait permettre à la société de contester le quantum ou de soulever une contestation sérieuse. Toutefois, l'absence totale de contestation en première instance rend cette issue peu probable.

Chronologie de l'affaire

12 juillet 2022

Signature du contrat d'assistance technique

Avril — décembre 2024

Émission de 9 factures restées impayées (97 572 €)

9 janvier 2025

Mise en demeure restée vaine

21 février 2025

Assignation en référé devant le TAE de Paris

25 mars 2025

Première audience — renvoi accordé à la société

29 avril 2025

Ordonnance : condamnation totale de 123 892 €

Questions fréquentes sur cette décision

Mon client me promet de payer depuis des mois et ne paie jamais : ces mails peuvent-ils me servir ?

Oui, et ils ont pesé dans cette affaire. Les courriels échangés depuis septembre 2023 faisaient état de promesses de règlement répétées, jamais suivies d'effet : versés aux débats, ils ont aidé à établir que l'obligation n'était pas sérieusement contestable. Conservez chaque échange écrit, même informel, dans lequel votre client évoque un paiement à venir.

Puis-je réclamer plus que le montant de mes factures impayées ?

Oui, plusieurs postes peuvent s'ajouter au principal. Dans cette affaire, aux 97 572 euros de factures se sont ajoutés des intérêts à trois fois le taux légal prévus au contrat, 20 960 euros au titre du préavis non exécuté, 360 euros d'indemnité forfaitaire de recouvrement, 3 000 euros pour résistance abusive et 2 500 euros au titre de l'article 700 du code de procédure civile.

Mon débiteur a obtenu un report d'audience : est-ce que cela joue en sa faveur ?

Pas nécessairement, et ici cela s'est retourné contre lui. La société avait sollicité un renvoi à la première audience pour préparer sa défense, puis n'a ni comparu ni transmis la moindre argumentation à l'audience suivante. Le juge l'a expressément relevé, et ce comportement a renforcé la caractérisation de la résistance abusive, indemnisée 3 000 euros.

Comment prouver que j'ai bien réalisé une prestation, quand il n'y a pas de marchandise livrée ?

Par la trace écrite de l'exécution. Dans cette affaire, notre client a produit le contrat du 12 juillet 2022, le dernier avenant d'octobre 2024, les neuf factures d'avril à décembre 2024 et les comptes rendus d'activité correspondants. Ce sont ces comptes rendus, rattachés facture par facture, qui démontrent le travail réellement fourni.

À partir de quand les intérêts de retard commencent-ils à courir ?

Cela dépend de ce que retient le juge. Ici, les intérêts ont couru à compter du 9 janvier 2025, date de la mise en demeure restée vaine et non contestée, au taux de trois fois le taux d'intérêt légal prévu au contrat. D'où l'intérêt d'adresser une mise en demeure datée et traçable avant d'agir.

Mon client a rompu le contrat sans respecter le préavis : puis-je le faire payer ?

Cela peut se demander en même temps que les factures. Dans cette affaire, 20 960 euros ont été alloués à titre provisionnel au titre du préavis non exécuté, en sus des 97 572 euros de factures. Le juge a donc traité les deux demandes dans la même ordonnance de référé, sans renvoyer notre client à une procédure au fond.

C'est quoi exactement la résistance abusive, et qu'est-ce que cela rapporte ?

C'est le fait, pour un débiteur, de refuser de payer sans aucune justification. Le juge a retenu ici que la société avait privé notre client de trésorerie pendant de nombreux mois et l'avait contraint à de multiples actions en recouvrement : un préjudice distinct des intérêts de retard, indemnisé 3 000 euros. Elle n'est pas accordée dans tous les dossiers.

Points clés à retenir

  • 9 factures impayées de 97 572 € ont donné lieu à une condamnation provisionnelle avec intérêts à trois fois le taux légal
  • Le préavis non exécuté de 20 960 € a été accordé en sus de la provision principale
  • La résistance abusive a été retenue pour 3 000 €, la société ayant privé le créancier de trésorerie sans justification
  • La non-comparution après renvoi a renforcé la caractérisation de la résistance abusive

Résultat obtenu

Provision de 97 572 € + 20 960 € de préavis + 3 000 € de résistance abusive

97 572 € DE FACTURES RECOUVRÉS

Référence :

TAE Paris, 29 avr. 2025, n° RG 2025006066

Provision de 97 572 € + 20 960 € de préavis + 3 000 € de résistance abusive

Avertissement : Cet article a une vocation d'information générale et ne saurait constituer un avis juridique personnalisé. Chaque situation étant unique, nous vous invitons à consulter un avocat pour obtenir des conseils adaptés à votre cas particulier.

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