LITIGES COMMERCIAUX

Référé d'heure à heure : condamnation provisionnelle avec astreinte de 1 000 euros par jour

8 avril 2025 5 min de lecture 76 980 € EN RÉFÉRÉ D'HEURE À HEURE

TAE Paris, 8 avr. 2025, n° RG 2025022592

Par ordonnance du 8 avril 2025, le juge des référés du Tribunal de commerce de Paris, statuant en référé d'heure à heure, a condamné la société au paiement de 76 980 euros sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard. Une première provision de 15 000 euros avait déjà été obtenue par notre client le 25 mars 2025. JEM-AVOCAT représentait notre client, prestataire lié à la société par un contrat cadre depuis mars 2022.

Maître Jeremy Maruani
Maître Jeremy Maruani Avocat au Barreau de Paris

Factures impayées

91 980 €

Total obtenu

91 980 € + astreinte

Les faits de l'espèce

Notre client est liée à la société par un contrat cadre signé le 28 mars 2022. Un dernier avenant a été conclu le 27 décembre 2024.

10 factures de mai 2024 à mars 2025 sont demeurées impayées pour un montant total de 91 980 euros. Notre client a obtenu des courriels de la société portant obtention de délais de paiement, sans que les paiements n'interviennent.

La saisine du juge des référés

Par ordonnance du 18 mars 2025, le président du tribunal a autorisé notre client à assigner en référé d'heure à heure pour l'audience du 25 mars 2025, en application de l'article 485 du CPC.

Par ordonnance du 25 mars 2025, le juge a condamné la société au paiement d'une première provision de 15 000 euros avec intérêts à trois fois le taux légal, et renvoyé l'affaire au 8 avril 2025 pour statuer sur le surplus.

Notre client demandait la condamnation de la société au paiement du solde de 76 980 euros (91 980 - 15 000), 400 euros d'indemnité forfaitaire, 3 000 euros pour résistance abusive et 4 500 euros au titre de l'article 700 du CPC.

À l'audience du 8 avril 2025, la société n'était pas représentée.

Les arguments développés par JEM-AVOCAT

Sur l'engagement contractuel : JEM-AVOCAT a produit le contrat cadre du 28 mars 2022 et le dernier avenant du 27 décembre 2024.

Sur l'exécution des prestations : JEM-AVOCAT a justifié de l'exécution par les comptes rendus d'activité mensuels et les courriels d'obtention de délais de paiement, démontrant que la société reconnaissait la dette.

Sur le montant : les 10 factures de mai 2024 à mars 2025 et le relevé de compte courant justifiaient le montant total de 91 980 euros.

Sur l'astreinte : JEM-AVOCAT a sollicité une astreinte pour garantir l'exécution de la décision, compte tenu du comportement systématique de non-paiement de la société.

Sur la résistance abusive : JEM-AVOCAT a fait valoir que le comportement de la société justifiait l'allocation de dommages-intérêts.

La solution retenue par la juridiction

Par ordonnance contradictoire du 8 avril 2025, le juge des référés a fait droit aux demandes principales.

Provision : 76 980 euros avec intérêts au taux légal à compter de la date d'échéance de chacune des factures.

Astreinte : 1 000 euros par jour de retard à compter du 15e jour de la signification de la décision, pendant 30 jours. Le juge ne s'est pas réservé la liquidation de l'astreinte.

Indemnité forfaitaire : 400 euros (10 factures × 40 euros, articles L.441-10 et D.441-5 du code de commerce).

Résistance abusive : rejetée. Le juge a estimé que notre client ne démontrait pas le caractère abusif de la procédure ni le quantum de son préjudice avec l'évidence requise en référé.

Article 700 : 4 500 euros.

La société a été condamnée aux dépens (79,84 euros TTC). L'ordonnance est exécutoire de droit à titre provisoire (article 514 du CPC).

Les implications pratiques

Le référé d'heure à heure : la procédure de référé d'heure à heure (article 485 du CPC) permet d'obtenir une audience dans des délais très courts lorsque l'urgence le justifie. Elle nécessite une autorisation préalable du président.

L'astreinte comme outil de pression : l'astreinte de 1 000 euros par jour pendant 30 jours constitue un outil de pression efficace pour contraindre le débiteur au paiement. Le juge a toutefois limité l'astreinte dans le temps (30 jours).

Le rejet de la résistance abusive : contrairement aux ordonnances rendues le 29 avril 2025 dans des affaires similaires, le juge a rejeté la demande de résistance abusive, estimant que l'évidence requise en référé n'était pas atteinte. Ce rejet illustre l'appréciation souveraine du juge des référés.

Ce que l'appel peut changer : cette ordonnance est exécutoire de droit. L'absence de comparution de la société rend un appel peu probable, mais l'astreinte pourrait être contestée en appel quant à son quantum.

Chronologie de l'affaire

28 mars 2022

Signature du contrat cadre

Mai 2024 — mars 2025

Émission de 10 factures restées impayées (91 980 €)

18 mars 2025

Autorisation de référé d'heure à heure

25 mars 2025

Première ordonnance : provision de 15 000 €

8 avril 2025

Seconde ordonnance : 76 980 € sous astreinte de 1 000 €/jour

Questions fréquentes sur cette décision

Combien de temps faut-il pour passer devant le juge quand la situation est urgente ?

Très peu, si le président autorise un référé d'heure à heure. Dans cette affaire, l'autorisation a été obtenue le 18 mars 2025 sur le fondement de l'article 485 du code de procédure civile, l'audience s'est tenue le 25 mars et une première provision de 15 000 euros a été accordée ce jour-là.

Comment forcer un client à payer une fois la décision obtenue ?

L'astreinte est un levier, lorsqu'elle est demandée. Ici, le juge a assorti la condamnation de 76 980 euros d'une astreinte de 1 000 euros par jour de retard, courant à compter du quinzième jour suivant la signification de la décision et pendant trente jours. Le juge ne s'est pas réservé la liquidation de cette astreinte.

Le juge peut-il condamner en plusieurs fois plutôt que d'attendre d'avoir tout examiné ?

Oui, et c'est ce qui s'est produit ici. Le 25 mars 2025, le juge a accordé une première provision de 15 000 euros avec intérêts à trois fois le taux légal, puis a renvoyé l'affaire au 8 avril pour statuer sur le surplus, soit 76 980 euros sur un total de 91 980 euros de factures.

Obtient-on toujours des dommages-intérêts pour le préjudice causé par l'impayé ?

Non, et cette décision le montre. Alors que la provision et l'astreinte ont été accordées, la demande de 3 000 euros pour résistance abusive a été rejetée : le juge a estimé que le caractère abusif et le montant du préjudice n'étaient pas démontrés avec l'évidence requise en référé. Ce poste relève de son appréciation.

Mon client m'a demandé des délais de paiement par mail : est-ce qu'il reconnaît sa dette ?

Ces échanges servent la démonstration. Dans cette affaire, notre client a produit les courriels par lesquels la société avait obtenu des délais de paiement, ce qui établissait qu'elle reconnaissait devoir les sommes. Aucun règlement n'a pourtant suivi. Ces mails ont été versés aux débats avec le contrat cadre, les avenants et les comptes rendus d'activité.

Quelles pièces réunir quand on travaille sous contrat cadre avec des factures mensuelles ?

Le contrat cadre et ses avenants d'abord : ici celui du 28 mars 2022 et l'avenant du 27 décembre 2024. Ensuite les comptes rendus d'activité mensuels, les dix factures de mai 2024 à mars 2025 et le relevé de compte courant, qui justifiait à lui seul le total de 91 980 euros réclamé.

Les frais d'avocat et les 40 euros par facture sont-ils remboursés ?

Ils ont été accordés ici. Le juge a alloué 400 euros d'indemnité forfaitaire de recouvrement, soit dix factures à 40 euros, en application des articles L.441-10 et D.441-5 du code de commerce, puis 4 500 euros au titre de l'article 700 du code de procédure civile, outre les dépens.

Points clés à retenir

  • Le référé d'heure à heure a permis d'obtenir une première provision de 15 000 € puis le solde de 76 980 €
  • Une astreinte de 1 000 € par jour pendant 30 jours a été prononcée pour garantir l'exécution
  • La résistance abusive a été rejetée faute d'évidence suffisante en référé
  • 4 500 € ont été accordés au titre de l'article 700 du CPC

Résultat obtenu

Provision de 76 980 € + astreinte 1 000 €/jour + 400 € forfaitaire

76 980 € EN RÉFÉRÉ D'HEURE À HEURE

Référence :

TAE Paris, 8 avr. 2025, n° RG 2025022592

Provision de 76 980 € + astreinte 1 000 €/jour + 400 € forfaitaire

Avertissement : Cet article a une vocation d'information générale et ne saurait constituer un avis juridique personnalisé. Chaque situation étant unique, nous vous invitons à consulter un avocat pour obtenir des conseils adaptés à votre cas particulier.

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