LITIGES COMMERCIAUX

Provision de 29 869 € obtenue en référé pour non-respect d'un échéancier de paiement

31 janvier 2017 4 min de lecture 29 869 € CAUTION SOLIDAIRE

T. com. Paris, référé, 31 janv. 2017, n° 2016074393

Par ordonnance du 31 janvier 2017, le juge des référés du tribunal de commerce de Paris a condamné la SARL au paiement de 29 869 euros au profit de notre client au titre d'un échéancier de paiement non respecté, et condamné solidairement le gérant en sa qualité de caution personnelle et solidaire. La demande de délais de paiement des défendeurs a été rejetée.

Maître Jeremy Maruani
Maître Jeremy Maruani Avocat au Barreau de Paris

Échéancier non respecté

29 869 € de solde restant dû malgré l'accord amiable

Après référé

Condamnation provisionnelle intégrale + condamnation solidaire du gérant

Les faits de l'espèce

Notre client, une SAS spécialisée dans les services aux entreprises, avait conclu un accord amiable avec la SARL prévoyant un échéancier de paiement pour le règlement de factures impayées. Le gérant de la société débitrice s'était porté caution personnelle et solidaire du remboursement de la dette.

L'échéancier n'ayant pas été respecté, notre client a fait assigner la société débitrice et son gérant-caution en référé devant le tribunal de commerce de Paris aux fins de condamnation provisionnelle au paiement du solde restant dû de 29 869 euros.

Les arguments développés par JEM-AVOCAT

JEM-AVOCAT a fondé sa demande sur l'article 873 alinéa 2 du Code de procédure civile (obligation non sérieusement contestable).

Sur l'existence de la créance : le cabinet a produit l'accord amiable comportant l'échéancier de paiement et le cautionnement solidaire du gérant, ainsi que la preuve du non-respect des échéances convenues.

Sur la caution solidaire : JEM-AVOCAT a démontré que le gérant avait souscrit un engagement de caution personnelle et solidaire conforme aux exigences légales, permettant de le poursuivre directement sans bénéfice de discussion ni de division.

Sur le rejet des délais : le cabinet s'est opposé à la demande de délais de paiement en relevant que les défendeurs, qui avaient déjà bénéficié d'un échéancier amiable qu'ils n'avaient pas respecté, ne justifiaient d'aucun élément attestant de leur situation financière.

La solution retenue par la juridiction

Par ordonnance du 31 janvier 2017, le juge des référés a fait intégralement droit aux demandes de notre client.

Sur la reconnaissance de dette : le juge a relevé que les parties défenderesses reconnaissaient la dette à l'audience, en se bornant à solliciter des délais de paiement. L'obligation n'était donc ni sérieusement contestable ni contestée.

Sur la condamnation solidaire : la SARL a été condamnée au paiement de 29 869 euros. Le gérant a été condamné solidairement au paiement de la même somme en sa qualité de caution personnelle et solidaire.

Sur le rejet des délais : le juge a rejeté la demande de délais de paiement au motif que le débiteur ne produisait aucun élément de nature à justifier sa situation financière et les difficultés invoquées. L'ordonnance a été déclarée exécutoire de plein droit par provision.

Les implications pratiques

L'efficacité du cautionnement solidaire du gérant : cette décision illustre l'intérêt pour le créancier d'obtenir un cautionnement personnel et solidaire du gérant. En cas de défaillance de la société, le gérant peut être poursuivi directement et condamné solidairement sans avoir à démontrer l'insolvabilité préalable de la société.

Le non-respect d'un échéancier amiable : lorsqu'un débiteur ne respecte pas un échéancier de paiement amiable, le créancier peut obtenir rapidement une condamnation en référé, la créance étant d'autant moins contestable qu'elle résulte d'un accord amiable.

Le rejet des délais de paiement en référé : le débiteur qui sollicite des délais de paiement doit justifier de sa situation financière par des éléments concrets. L'absence de justificatifs conduit au rejet de la demande, a fortiori lorsqu'un échéancier amiable n'a pas été respecté.

Chronologie de l'affaire

27 octobre 2016

Mise en demeure restée sans effet

9 janvier 2017

Assignation en référé devant le tribunal de commerce de Paris

31 janvier 2017

Ordonnance : provision de 29 869 € + condamnation solidaire du gérant

Questions fréquentes sur cette décision

J'ai accepté un étalement de la dette et mon client ne paie toujours pas : dois-je tout recommencer ?

Non, l'accord amiable renforce plutôt votre position. Ici, un échéancier avait été conclu puis non respecté : notre client a obtenu en référé la condamnation au solde restant dû de 29 869 euros. Une créance qui résulte d'un accord signé est d'autant moins contestable que le débiteur en a lui-même reconnu le principe.

Puis-je faire payer le gérant sur son patrimoine personnel ?

Seulement s'il s'y est engagé. Dans cette affaire, le gérant de la société débitrice s'était porté caution personnelle et solidaire du remboursement de la dette : il a été condamné solidairement au paiement des mêmes 29 869 euros que sa société. Sans cet engagement écrit, le patrimoine du dirigeant reste distinct de celui de l'entreprise.

Dois-je d'abord épuiser les recours contre la société avant de poursuivre la caution ?

Non, lorsque le cautionnement est solidaire. Il a été démontré ici que le gérant avait souscrit un engagement de caution personnelle et solidaire conforme aux exigences légales, ce qui permet de le poursuivre directement, sans bénéfice de discussion ni de division. Il n'y a donc pas à établir au préalable l'insolvabilité de la société.

Mon débiteur va demander des délais au juge : peut-il les obtenir ?

Pas sans justifier sa situation. Ici, les défendeurs reconnaissaient la dette à l'audience et se bornaient à solliciter des délais de paiement : le juge les a rejetés, au motif qu'aucun élément ne venait attester de leur situation financière ni des difficultés invoquées, alors qu'un premier échéancier amiable n'avait déjà pas été respecté.

Mon client reconnaît sa dette : ai-je vraiment besoin d'une décision de justice ?

La reconnaissance facilite la décision, elle ne la remplace pas : il faut un titre pour contraindre au paiement. Ici, la reconnaissance de la dette à l'audience a rendu l'obligation ni sérieusement contestable ni contestée, et l'ordonnance obtenue, déclarée exécutoire de plein droit par provision, permet d'engager les mesures d'exécution.

Combien de temps entre la mise en demeure et la décision ?

Trois mois dans cette affaire. La mise en demeure du 27 octobre 2016 est restée sans effet, l'assignation en référé a été délivrée le 9 janvier 2017 devant le tribunal de commerce de Paris, et l'ordonnance condamnant la société et son gérant caution à 29 869 euros a été rendue le 31 janvier 2017.

Points clés à retenir

  • Condamnation de 29 869 € en référé provision pour non-respect d'un échéancier amiable
  • Condamnation solidaire du gérant en qualité de caution personnelle et solidaire
  • Rejet de la demande de délais de paiement faute de justificatifs financiers
  • L'ordonnance de référé est exécutoire de plein droit par provision

Résultat obtenu

Provision de 29 869 € accordée, condamnation solidaire du gérant

29 869 € CAUTION SOLIDAIRE

Référence :

T. com. Paris, référé, 31 janv. 2017, n° 2016074393

Provision de 29 869 € accordée, condamnation solidaire du gérant

Avertissement : Cet article a une vocation d'information générale et ne saurait constituer un avis juridique personnalisé. Chaque situation étant unique, nous vous invitons à consulter un avocat pour obtenir des conseils adaptés à votre cas particulier.

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